Description du projet

Ressource 1 : le sujet, c’est quoi !?

Le « changement » climatique en cours : explication- résumé en quelques lignes …

Des gaz à effet de serre (le CO2 principalement, mais pas uniquement : cf Ressource 5), ou GES en abrégé, sont émis dans l’atmosphère du fait à la fois d’un cycle naturel, et des activités humaines.

Le cycle naturel

Le cycle naturel, qui existe depuis toujours, avait conduit à un équilibre de la concentration de CO2 dans l’atmosphère autour de 280 ppm (à l’ère « pré-industrielle »). Cette concentration correspond (correspondait, plus exactement !) à un équilibre de température moyenne du globe de 15 °c, et à un certain climat planétaire (avec un équilibre des masses glaces – océans, des courants marins, des vents, des cycles saisonniers etc…).

(Et pour les plus curieux, nous proposerons prochainement une petite ressource complémentaire à ce sujet)

Certes ce cycle connait des variations, mais celles-ci sont à très longues échelles de temps (cf Ressource 3 : lien vers l’animation 800 000 ans à aujourd’hui) et ont oscillé entre 150 et 300 ppm ; elles sont essentiellement liées à des variations périodiques de l’excentricité de l’orbite de la Terre autour du Soleil, de l’inclinaison de l’axe de la Terre par rapport au plan de l’écliptique, et du mouvement de précession de cet axe (périodes qui sont respectivement de 100 000, 40 000 et 20 000 ans env.).

0
ppm :
la tendance 2020

280 ppm :
la concentration atmosphérique en CO2 à l’époque pré-industrielle

Les activités humaines, depuis l’ère industrielle contribue à l’augmentation de la concentration de CO2, et autres GES, dans l’atmosphère.

Les activités humaines

Les activités humaines, depuis l’ère industrielle (fin du 19ème siècle) sont émettrices de GES en grandes quantités. Ceci bouleverse l’équilibre naturel existant (Pour plus de détail : cf Ressource 2) et contribue à l’augmentation de la concentration de CO2, et autres GES, dans l’atmosphère (cf Ressource 3).

En résumé :

Emissions GES anthropiques (env. 50 milliards de tonnes annuelles, au niveau mondial) => augmentation de la concentration dans l’atmosphère (initialement 280 ppm, à près de 420 aujourd’hui) => modifications en cours et instabilité des équilibres climatiques et naturels, dont une augmentation des températures (constatés, en moyennes globales : +1°c depuis le début de l’ère industrielle, dont + 0,5°c de 1990 à aujourd’hui)

Plus qu’un changement, ou un réchauffement, nous faisons face à un dérèglement climatique.

Cela change, mais ne peut-on pas tout simplement s’adapter ?

Peut-être … mais dans quelles conditions …. Et pour tenir combien de temps ….? !!!

En l’absence d’actions fortes (de stricte limitation d’émission des GES), il ne s’agirait pas d’un changement marginal, mais important et très rapide.

A titre d’exemple historique (mais en progression inverse), on cite souvent les glaciations quaternaires, dont le dernier « pic » était il y a 20 000 ans (avec environ – 120 mètres pour le niveau des eaux, et -4°), avec un retour à la normale actuelle en 10 000 ans.

Par ailleurs, en l’absence de limitation, la concentration serait sans cesse en augmentation, et donc les effets de changements sans fin….

Enfin, des effets d’emballement sont redoutés, et très difficilement quantifiables, tels que la fonte du permafrost (les sols gelés) libérant du méthane (GES à fort effet : cf Ressource 5), et les sécheresses sources d’incendie (et donc d’émission massive de CO2).

Nous avons ici quelques éléments qui ont conduit la « Communauté internationale » à s’entendre sur un « objectif » de limitation de la hausse à 2° (par rapport au niveau pré-industriel), et même « ambitieusement » revu à 1,5°…, et dont le moyen essentiel est une limitation – réduction des émissions de GES.

S’adapter est déjà une nécessité (car des effets du changement sont déjà présents, et d’autres sont attendus), mais s’adapter n’est absolument pas suffisant.

Et pourquoi parle-t-on d’urgence ?

On parle maintenant d’urgence, parce qu’il est déjà …. Presque trop tard !

  • Pourtant les travaux, constats et alertes de la communauté scientifique ne datent pas d’hier :

Le Rapport Charney…il y a quarante ans : « Carbon Dioxyde and Climate Change : A Scientific Assessment » (1979)

Ce rapport avait été commandé par la Maison Blanche à l’Académie nationale des sciences américaine, afin de dresser une synthèse des connaissances sur l’impact possible des activités humaines sur le climat

Le rapport anticipait la possibilité d’un doublement de la concentration de CO2 dans l’atmosphère, et évaluait l’impact à une augmentation des températures entre 2 et 3,5°….

Tout y était estimé avec beaucoup de justesse, et provoqua un début de démarche de réflexion industrielle …. Mais l’élection présidentielle américaine de 1980, avec l’arrivée de Ronald Reagan, stoppa net la démarche.


Les travaux du GIEC

Le GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’évolution du Climat) – ou IPCC en anglais (Intergovernmental Panel on Climate Change) a été établi en 1988 par l’ONU et est chargé d’évaluer les informations scientifiques relatives au changement climatique, de mesurer les conséquences environnementales et socio-économiques de ce changement, et de formuler des stratégies de parade réaliste.

Depuis sa création, le GIEC a fait paraitre des « Rapports d’évaluation », des « Rapports spéciaux » et autres notes techniques ou méthodologiques de référence.

Parmi les Rapports majeurs, on peut citer :

  • Le quatrième Rapport d’évaluation, en 2007 (AR4 : Bilan 2007 des Changements Climatiques), qui a constitué une véritable référence pour la connaissance et la prise de conscience des décideurs politiques,

    (Pour mémoire, le GIEC a été colauréat du Prix Nobel de la Paix en 2007)

  •  Des rapports spéciaux, notamment ceux produits au cours du 6e cycle d’évaluation (cycle actuel) :

  • en octobre 2018, un Rapport Spécial sur l’impact d’un réchauffement global de 1,5°C (au-dessus du niveau pré-industriel) et sur les trajectoires d’émission de gaz à effet de serre correspondantes ; ce rapport répond à une demande de la COP 21, pour l’enjeux de survie de nombreux états insulaires
  • en août 2019, un Rapport spécial sur les liens entre le changement climatique, la désertification, la dégradation des terres, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire, et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres (impacts Biodiversité)
  • en septembre 2019, un troisième rapport spécial sur les liens entre le changement climatique, les océans et la cryosphère.
  • Mais le processus de prise de décision politique, et de mise en œuvre, est plus long ….

Au niveau international

Depuis le « Sommet de la Terre » à Rio en 1992, qui a institué La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), les COP (Conférences des Parties) se succèdent …. Depuis la COP 1 de Berlin en 1995, la COP 21 de Paris en 2015 (Avec « l’Accord de Paris »), et la dernière (COP 25 en 2019)

 

Au niveau des états, on peut citer en France :

La Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC)

Initiée en 2015 par la Loi de Transition Energétique pour la Croissance Verte (LTECV), la SNBC est la feuille de route de la France pour lutter contre le changement climatique.

Elle donne des orientations pour mettre en œuvre, dans tous les secteurs d’activité, la transition vers une économie bas-carbone, circulaire et durable. Elle a deux ambitions : atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 et réduire l’empreinte carbone de la consommation des Français.

La SNBC a été révisée en 2018-2019 … et ce projet de SNBC révisée fait actuellement l’objet d’une consultation du public en vue d’une adoption début 2020 …

 

Les risques d’emballement et les effets sont déjà actuels (Méga-Feu de forêt en Australie 2019, augmentation en fréquence – intensité des épisodes de pluie méditerranéens ….) ou tangibles.

Deux illustrations :


 

Très proche (géographiquement parlant) : la poche d’eau du glacier de tête Rousse.

Sous étroite surveillance depuis plusieurs années, cette nouvelle poche doit induire d’énormes travaux de sécurisation en contre-bas.

Le réchauffement climatique contribue à l’amincissement de la paroi glacière, accentuant ainsi le risque de rupture.

Crédit Photo : Mairie de Saint-Gervais

 

Un peu plus loin : des bulles de méthane gelées, Lac Baïkal

Le lac recouvre en profondeur une grande réserve de méthane ; les émissions vers la surface sont aujourd’hui limitées, mais demain ?

Crédit Photo © Kristina Makeeva

Il y a donc maintenant urgence à agir, et pour cela, chacun peut (ou devrait) prendre sa part très rapidement :

  • Etats – Acteurs publics
  • Citoyens
  • Entreprises

Poursuivez la découverte des ressources :